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Ceci est mon sang – Homa Moeini

Documentaire réalisé entre 2014 et 2017

Quatre personnes, deux en Iran et deux en France, nous racontent leur combat quotidien contre le VIH depuis qu’ils ont reçu une transfusion de sang contaminé au début des années 80. La façon dont ils ont découvert la maladie, les réactions des proches et des moins proches dans leur environnement personnel et professionnel.

Ils retracent leur histoire, leurs espoirs, leur résignation et leurs projets, nous permettant de remonter en creux les enjeux de cette affaire et l’importance des décisions politiques prises à l’époque dans les deux pays.

Chacun de ces portraits est un témoignage vivant du courage dont ils font preuve au quotidien, de leur volonté de vivre et de surmonter les épreuves.

Ceci est mon sang

Entretiens avec Homa Moeini

Je tiens d’abord à te remercier Homa et à te dire que ce sujet m’a beaucoup touchée. C’était la première fois que je voyais vraiment les conséquences de l’affaire du sang contaminé, en France et dans un autre pays. Lorsque j’étais petite, nous parlions beaucoup de ce drame sans que je comprenne exactement ce qui s’était passé. J’en sentais déjà la gravité car des gens que je connaissais étaient concernés.

Trente ans plus tard, cette histoire a parfois été oubliée et surtout, on connaît peu l’étendue des dommages causés à l’étranger alors même que certaines victimes sont encore là et n’ont jamais cessé d’en souffrir. Ce documentaire m’a fait revivre ce choc mais avec mon regard d’adulte. Il m’a permis de voir l’étendue du phénomène et les conséquences à l’international, à travers des portraits très intimes.

C’est un témoignage plein de pudeur qui nous permet de mieux comprendre et de ne pas oublier.

Tournage en France, Ceci est mon sang
Tournage en France, Ceci est mon sang

Comment t’es venue l’idée d’aborder ce sujet délicat ?

Homa : L’idée m’est venue en 2009, à l’époque de la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad. Il y avait alors de nombreuses manifestations dans mon pays et pas mal de mouvement. Je lisais régulièrement les journaux iraniens sur le net pour me tenir au courant et un jour, par hasard, je suis tombée sur un article portant sur l’affaire du sang contaminé et sur la plainte dont elle avait fait l’objet. En faisant quelques recherches, j’ai appris que les produits contaminés provenaient de France.

Je vivais à Paris depuis 2007 et c’était la première fois que j’entendais parler de cette affaire et de ses conséquences en France comme en Iran. J’ai poursuivi mes recherches et au fur et à mesure que je progressais, j’étais de plus en plus choquée par ce que je découvrais. J’ai notamment appris l’impact de ce scandale à l’échelle internationale, grâce au très beau documentaire de la réalisatrice Marie-Ange Poyet, L’’Autre scandale’. Mais personne ici, ne faisait allusion aux retombées que les ventes de sang contaminé avaient eues sur l’Iran.

En tant qu’iranienne installée en France, je me suis sentie impliquée dans cette affaire pour deux raisons. D’une part, je me suis aperçue que, le plus souvent, les français n’avaient pas connaissance de l’ensemble des conséquences relatives à ce scandale et par ailleurs, je faisais face à la mort et à la souffrance en silence de mes compatriotes, faiblement dédommagés par l’État Iranien.

Oui, c’est vrai qu’il s’agit d’un sujet délicat ! Mes proches m’ont d’ailleurs conseillé d’être prudente et d’exposer les faits avec le plus de neutralité possible, sans porter d’accusation. Mon but n’était d’ailleurs pas de mener un réquisitoire mais plutôt de faire un portrait des victimes à l’heure d’aujourd’hui, de les rencontrer et de mieux les (faire) connaître.

Philippe, Ceci est mon sang
Philippe, Ceci est mon sang

As-tu rencontré des difficultés pour mener le film à bien ?

Homa : J’ai porté ce projet à bout de bras. J’ai fait le film avec mes propres moyens et avec l’aide de mon équipe. Je leur en suis d’ailleurs vraiment reconnaissante, notamment envers le monteur, Majid Asheghi. Nous avons tellement travaillé pour en arriver là. J’étais soulagée et fière quand je l’ai ensuite transmis aux boîtes de distribution.

Mais là, déception ! Je me suis heurtée à des refus sans même avoir la possibilité de montrer mon film. Le sujet ne les intéressait pas, je ne sais pas pourquoi au juste. On me reprochait par exemple de ne pas l’avoir fait sous forme de journalisme d’investigation ou alors on me disait que cette histoire était du passé…

D’autres journalistes ou réalisateurs ont pourtant commencé à se pencher sur le sujet. ‘120 Battements par minute’ fait notamment partie des œuvres qui abordent différents aspects de l’infection par le VIH dont l’affaire du sang contaminé. À mon sens, j’ai tenté de développer et de creuser l’histoire des victimes affectées, comme un point important, incontournable, de l’histoire et de cette maladie.

Sylvie, Ceci est mon sang
Sylvie, Ceci est mon sang

Et pour trouver les victimes qui acceptent de témoigner, comment as-tu procédé ?

Homa : Cela n’a pas été facile ! Pour trouver des interlocuteurs en Iran, j’ai pris contact avec le centre des hémophiles national où Monsieur Ghavidel, le directeur, m’a accueillie très chaleureusement. Il m’a fourni tous les documents qu’il avait conservés sur l’affaire pendant des années : des journaux, des archives du procès, les reportages et films déjà réalisés sur cette affaire. Il m’a soutenue, m’a raconté ce qui s’était passé pendant toutes ces années. S’il n’avait pas été là,ce film n’existerait pas, c’est sûr.

J’ai rencontré Mohamad J. et Mohamad S.et échangé avec eux assez facilement. Je dois préciser qu’ils ont accepté d’être filmés parce que je leur ai promis que le film ne serait pas diffusé en Iran. Il va de soi que je ne pouvais faire de même avec les victimes françaises car, pour moi, c’était avant tout un film destiné au public français.

Après cette première étape, les difficultés se sont poursuivies en France. J’ai pris contact avec l’AFH, l’Association Française des Hémophiles et grâce à eux, j’ai assisté à une projection pendant laquelle j’ai rencontré Philippe. Il m’a donné son accord pour être filmé à condition que le film ne soit pas diffusé en France ! J’ai fini par accepter en espérant pouvoir faire avancer mon projet ! Je n’avais pas d’autre choix si je voulais avoir ce témoignage.

Tournage en France, Ceci est mon sang
Tournage en France, Ceci est mon sang

Pour ce qui est de la quatrième personne, j’ai cherché plusieurs mois… J’ai frappé aux portes des associations d’hémophiles dans les différentes régions de France. J’ai même échangé avec un homme qui était parti vivre au Canada et qui était sur le point d’accepter de témoigner avant de finir par se rétracter, malheureusement. J’étais prête à tout pour rencontrer et filmer celui ou celle qui accepterait. Je me suis rendu compte que témoigner des conséquences de ce drame était très difficile même quand les victimes le pouvaient encore.

Finalement, en fouillant dans divers extraits de journaux sur les retentissements de l’affaire en France, j’ai découvert le témoignage de Sylvie. J’ai réussi à remonter jusqu’à elle grâce à un journal en ligne sur lequel paraissait une interview très récente. J’ai pris contact avec la rédaction et quelques jours après, je recevais un coup de fil de Sylvie. Le miracle !

En décembre dernier, Philippe a fini par me donner son accord pour la diffusion du reportage à la condition que sa famille reste protégée et dans l’anonymat. J’avoue qu’achever le documentaire a relevé du parcours du combattant mais je ne les remercierai jamais assez pour leur implication et pour nous avoir donné l’opportunité de mieux les connaître.

Ceci est mon sang

Tu as choisi quatre personnalités. Trois hommes et une femme qui ne se sont jamais laissé abattre en trente ans, cela malgré les difficultés qu’ils ont rencontrées. Peux-tu nous raconter en quelques mots ces rencontres ?

Homa : Pour moi, c’est une chance de les avoir rencontrés. C’était une expérience très riche sur le plan humain et émotionnel. Je les considère comme des gens extraordinaires, surhumains. Ils ne baissent jamais les bras, ce sont des battants de chaque jour. Pour eux, ce qui compte, c’est la vie avant tout, c’est ce qu’il faut retenir de ces échanges.

Peux-tu nous donner un peu plus d’informations sur la façon dont les choses se sont déroulées en Iran dans les années 80 ? 

Homa : Les produits sanguins contaminés provenant de France ont été vendus à l’Iran entre 1983 et 1985. Dans le même temps, une autre affaire émergeait, celle de la contamination par l’hépatite C, présente cette fois dans des lots de plasma recueillis en Iran. La présence de produits contaminés a d’abord été niée par l’État lui-même, qu’il s’agisse du facteur VIII ou des lots qui contenaient le virus de l’hépatite C. Les victimes et leur famille n’ont pu porter plainte contre le ministère de la santé et le centre de transfusion sanguine que lorsqu’ils ont pu déterminer l’origine de la contamination.

Depuis des années, les victimes et leur famille ont souffert et se sont battues pour que les dommages irréparables qui leur ont été causés soient reconnus. Ils se sont sentis et se sentent encore trahis, piétinés. Ils ont reçu un dédommagement de la part de l’État après des années de lutte mais le contexte économique, notamment l’inflation, et les répercutions que leur contamination a eu sur leur vie, l’éloignement des proches, la perte de leur travail, … sont autant de raisons pour lesquelles ils n’ont pu reconstruire leur vie comme ils auraient pu l’espérer. Et surtout, ils n’ont jamais reçu d’excuses ni de prise de position publique sur la responsabilité de l’État.

Tournage en Iran, Ceci est mon sang
Tournage en Iran, Ceci est mon sang

Comment les victimes ont-elles fait la découverte de l’origine de leur contamination ? Quels échos dans l’opinion publique ? Dans la Presse ?

Homa : Le centre des hémophiles, spécialement Monsieur Ghavidel, a joué un rôle très important dans cette affaire. Le centre a fait des analyses et a découvert que le génotype du virus HIV qui a causé la contamination de centaines d’hémophiles était différent de celui du virus déjà existant. Or à l’époque, la France était le seul fournisseur de facteur VIII pour l’Iran.

Par la suite,Madame F. R., représentante de l’Institut Mérieux à ce moment-là, en Iran a envoyé une lettre après avoir quitté le territoire et a mis un terme aux derniers doutes que l’on pouvait avoir sur l’origine des lots. Elle reconnaît par écrit que les poches de sang vendues à l’Iran étaient bien contaminées.

J’ai moi-même échangé avec l’avocate de Madame F.R. J’ai même eu accès à la copie d’une facture attestant l’achat de facteur VIII à l’institut Mérieux en 1984. J’ai pu vérifier les échos dans la presse nationale de l’époque. À la fin des années 80 et au début des années 90, cette histoire a été médiatisée en Iran et a refait parler d’elle récemment avec la venue de Laurent Fabius.

S’il y a une personnalité détestée en Iran, c’est bien lui. On a beaucoup parlé de lui à ce moment-là, lui imputant les conséquences de la vente des lots contaminés à l’étranger alors même que la France avait cessé de les utiliser sur son territoire. Le procès était retransmis chez nous. L’affaire a refait surface en 2015 lorsqu’il a fait le déplacement dans le cadre de l’accord sur le nucléaire.

Tournage en Iran, Ceci est mon sang
Tournage en Iran, Ceci est mon sang

 Tu faisais tout à l’heure allusion aux dédommagements que les victimes iraniennes ont reçus et à la difficulté qu’elles ont eue à être entendues ?

Homa : C’est grâce à Monsieur Ghavidel que les victimes ont été dédommagées. C’est lui qui a poussé les victimes et les familles à aller porter plainte et c’est lui qui les a convaincues de résister et de tenir face aux tribunaux malgré la lenteur de la procédure.

Cela a duré plus de 12 ans mais finalement le verdict est tombé. C’était la première fois dans l’histoire de l’Iran que la justice condamnait le ministère. Le ministère de la santé a eu pour obligation de dédommager les victimes même si, hélas, pour la plupart d’entre eux, l’argent est arrivé trop tard.

Pendant des années le ministère de la santé a nié la contamination du sang vendu par Mérieux et cela malgré des preuves irréfutables. On peut légitimement s’interroger sur la raison de l’aveuglement qui a engendré sa propre condamnation et qui a encouragé l’institut Mérieux à fuir ses responsabilités.

 Tous les quatre ont dû abandonner une partie de leur vie, de leurs espoirs ou de leurs projets. Peux-tu nous donner un peu plus d’informations sur le rôle de la famille, de leur foi, des proches et des collègues dans leur combat contre la maladie ?

Homa : Face à cette maladie les victimes ne se comportent pas toutes de la même façon. Beaucoup de victimes n’ont pu résister. Pour celles qui restent, c’est un combat quotidien. Je pense que la famille joue un rôle très important dans cette situation comme dans toutes les situations difficiles d’ailleurs. L’assistance de l’entourage, la foi et l’envie de vivre, mais aussi l’âge auquel la personne a été contaminée et le moment où il l’a su, tout a de l’importance pour œuvrer et résister contre la maladie.

Beaucoup sont morts très, très jeunes. Je pense notamment aux enfants qui n’ont pas encore d’accroche réelle à la vie. Selon moi, l’être humain a besoin de s’imaginer un avenir, de faire des projets. L’espérance fait vivre, comme on dit. Cela est le cas des survivants de mon film. Chacun s’accroche à un objectif, que ce soit les enfants, l’amour ou la recherche de l’amour. Celui qui n’a pas d’accroche, épuisé de se battre, s’en va.

Philippe, Ceci est mon sang
Philippe, Ceci est mon sang

 C’est aussi un documentaire sur les actions menées pour empêcher l’oubli. L’oubli des scandales politiques, des erreurs qui se répètent, des gens qui sont là après tant d’années et n’ont jamais arrêté de souffrir…

Homa : C’est révoltant ! Malheureusement, il y a et il y aura encore des scandales sanitaires. On a pu le voir avec le Mediator ou encore avec la Dépakine. Il faudrait que la santé publique devienne la priorité pour l’État et les Instituts sanitaires avant l’argent et les enjeux politiques. La négligence et les enjeux politiques ont détruit les vies de ceux qui pensaient être soignés et qui ont finalement été empoisonnés.

Peux-tu nous parler un peu de ta relation avec tes interlocuteurs, notamment avec Mohamad S., de tes derniers échanges avec lui ? Sa disparition est un peu difficile et abrupte même pour nous spectateurs. J’imagine que pour toi ça a dû être très dur.

Homa : J’ai eu un échange très riche avec chacun et une relation un peu plus proche avec mes interlocuteurs iraniens, comme nous avions à peu près le même âge. Ils se confiaient facilement, surtout Mohamad. S. Nous étions très proches, il m’appelait tout le temps même quand j’étais en France ! Il voulait que je parle avec lui plus souvent. Il souffrait de la solitude, m’appelait quand il était malheureux. Il me voyait comme plus que ce que j’étais,peut-être même comme quelqu’un qui pourrait lui sauver la vie.

J’étais sa sœur, sa copine, son amie ! C’était très compliqué pour moi de gérer ça. Lorsque j’étais en Iran pour le montage du film, il m’appelait presque tous les jours en me demandant de lui rendre visite. Je n’avais pas assez de temps mais je lui ai promis d’aller le voir avant de partir. J’ai pu aller sur sa tombe avant de m’en aller. Je m’en voulais, je m’en veux… J’ai rêvé de lui plusieurs fois…

Mohamad S., Ceci est mon sang
Mohamad S., Ceci est mon sang

Pour finir sur le grand élan de vie qui se dégage de ces personnalités et du documentaire, malgré ce qu’ils vivent et les images difficiles… Ils accordent beaucoup d’importance au partage, à l’échange avec les autres. Peux-tu nous parler de leurs projets, de leurs efforts pour aider les autres, pour s’investir dans des actions, dans l’art ? 

Homa : Philippe donne des cours d’informatique, bénévolement, dans le centre culturel de son quartier. Il prend des cours d’anglais, de musique, il essaie de ne pas couper le lien social depuis qu’il ne travaille plus. Il participe aussi à de petits concerts pour les fêtes de quartier.

Sylvie fait partie des Petits Frères des Pauvre à Nîmes. Elle passe beaucoup de temps à aider les personnes âgées et celles qui souffrent de la solitude. Le travail qu’elle a choisi en centre de détention, lui permet d’être à l’écoute des autres et de soutenir les familles des détenus.

Quant à Mohamad, il s’investit au sein de sa famille et s’occupe beaucoup de ses neveux.

Ils avaient tous les quatre de nombreux projets et beaucoup de chaleur humaine. Mohamad S. était un ami pour moi. Ce film est un hommage à cette belle rencontre. C’est aussi un témoignage de mon admiration pour la volonté et la force de ces hommes, de cette femme, et un encouragement pour ceux qui restent.

Sylvie, Ceci est mon sang
Sylvie, Ceci est mon sang
Philippe, Ceci est mon sang
Philippe, Ceci est mon sang

 

L’espoir, ce n’est pas l’optimisme. Ce n’est pas non plus la conviction
qu’une chose va bien se passer, mais au contraire la certitude que
cette chose a un sens, quelle que soit la façon dont elle va se passer.
Vaclav Havel


 

Homa Moeini

Homa Moeini

Homa Moeini est une réalisatrice iranienne installée en France depuis 2007.  Titulaire d’une licence en Théâtre lorsqu’elle arrive à Paris, elle a déjà eu quelques expériences cinématographiques en tant qu’assistante réalisatrice, scénariste et scripte. Elle poursuit ensuite ses études de Théâtre à l’université Paris VIII et se lance dans un master Réalisation et Création.

En 2011, elle réalise son premier court métrage, ‘Être comme tout le monde’ un reportage qui suit le quotidien de trois lycéens malentendants. Son second court métrage, ‘Santé !’, achevé en 2013, dépeint trois femmes iraniennes de différentes générations.

Investie dans le documentaire et dans le portrait réaliste de sujets qui lui tiennent à cœur, elle réalise entre 2014 et 2017, ‘Ceci est mon sang’, son premier long métrage à la rencontre de quatre témoins et victimes de l’affaire du sang contaminé. Elle filme leur combat quotidien contre la maladie et leur espoir dans les méandres d’un drame sanitaire encore très prégnant.

Un lien vers le teaser de ‘Ceci est mon sang’

Ceci est mon sang

N’hésitez pas à venir découvrir ce film le 23 juin au cinéma le Nouvel Odéon pour l’avant première à 11h…


Sylvie, Philippe, Mohammad J., Mohamad S.

Ceci est mon sang

Mohamad S avait 32 ans. Hémophile, il a été contaminé par le VIH à l’âge de 6 mois. Son frère est mort du sida à cause des produits sanguins contaminés il y a quelques années. Ancien propriétaire d’un petit commerce de quartier, il a dû arrêter son travail quand le voisinage a appris qu’il était malade. Il est mort le 29 mars 2017.

 

Ceci est mon sang

Sylvie, 53 ans, a été contaminée à l’âge de 22 ans, lors de l’accouchement de son premier enfant. C’est après son second accouchement qu’un test, réalisé à son insu, lui a permis de savoir qu’elle était porteuse du VIH. Heureusement, ni son mari, ni ses enfants n’ont été contaminés.

C’est elle notamment qui a rendu public l’affaire du sang contaminé pour ceux qui avaient été transfusés. Aujourd’hui elle est responsable du maintien du lien familial à la Maison Centrale d’Arles, se consacre à sa famille, à ses projets et mène un combat quotidien pour survivre. Elle a beaucoup souffert des conséquences de la contamination, a perdu un rein et supporte les nombreux effets secondaires dus à la prise de médicaments. Elle est d’une grande générosité, dévouée à sa famille et aux autres.

 

Ceci est mon sang

Mohamad J a 36 ans. Hémophile, il a été contaminé par le VIH à l’âge de 8 ans. Son frère, contaminé dans les mêmes circonstances, est mort à l’âge de 6 ans. Mohamad travaille en empruntant le taxi de son père car à cause de sa maladie, il ne peut obtenir de licence officielle. Il est célibataire et a failli se marier à deux reprises mais n’a pu le faire finalement.  Une première fois car les parents de sa compagne n’ont pas accepté qu’elle épouse un malade du VIH, la seconde fois par choix.

 

Ceci est mon sang

Philippe a 58 ans. Hémophile, il a été contaminé à dix neuf ans. Il était prestataire de services dans le domaine de l’informatique. Il a dû arrêter son travail il y a deux ans suite à des problèmes de concentration et à cause de la lourdeur de son traitement.

Il est marié et très investi dans sa famille, lui et sa compagne ont choisi d’adopter pour éviter tout risque de contamination et de complications qu’impliquerait une grossesse. Aujourd’hui, il demeure à domicile mais est très actif, donne des cours bénévolement, s’occupe de son intérieur, de sa famille, se consacre à l’art et à la culture avec un humour décapant.

 


Contexte

Au milieu des années 80, le scandale du « sang contaminé » éclate en France. Suite à des transfusions réalisées avec du sang non chauffé et à la confection de produits sanguins à partir des mêmes dérivés, des milliers de personnes, dont 4000 hémophiles environ, contractent le virus HIV.

Alors que la polémique enfle en France, le drame se poursuit silencieusement à l’étranger. Une grande quantité de lots contaminés est livrée au Canada, au Portugal, en Grèce, en Tunisie, en Libye, en Irak et en Iran, parfois jusqu’en 1987. Faisant des milliers de victimes collatérales.

En Iran, les produits sanguins contaminés sont transmis par l’institut Mérieux et causent la contamination de centaines d’hémophiles. Trente ans après, il ne reste que quinze survivants parmi les victimes.

Comment surmontent-ils la maladie, en France comme en Iran ? Comment la vivent-elles au jour le jour, dans leur vie privée et professionnelle ?


Courte revue de presse 

Chronologie et impact de l’affaire du sang contaminé en France :

Procès du sang contaminé. Les dates clés de « l’affaire du sang » – Libération – 02/09/1999

Les dessous de l’affaire du sang contaminé – Le Monde Diplomatique – Février 1999

L’affaire du sang contaminé : trois ministres en accusation – Larousse – Journal de l’année – Éd. 2000

Sang contaminé : que sont devenus les principaux acteurs du scandale ? – Libération – 02/07/2018

 

Journal sang contaminé

 

Conséquences de l’affaire du sang contaminé en Iran et à l’étranger :

L’affaire du sang contaminé rebondit à l’étranger – France Info – 30/09/2013

Fabius en Iran : le fantôme de l’affaire du sang contaminé – L’Obs – 28/07/2015

Iran : Fabius critiqué pour l’affaire du sang contaminé – Le Figaro – 28/07/2015

Vu d’Iran. Fabius n’est pas le bienvenu à Téhéran – Courrier International – le 27/07/2015

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